Chers collègues,

 

L’Assemblée générale de l’ISSF approche. L’élection du président de l’ISSF aura lieu. Il y a deux candidats: l’actuel président de l’ISSF Vladimir Lisin et le président de la Federazione Italiana Tiro a Volo (FITAV) Luciano Rossi.

 

Il y a quelques jours, M. Rossi a envoyé aux Fédérations membres des lettres les informant de sa vision de l’avenir de l’ISSF, intitulée « Time for Change » (Temps de changer).

 

Je voudrais profiter de l’occasion pour commenter à la fois le contenu et la forme des lettres qu’il vous a adressées. Je comprends parfaitement qu’au cours des dernières années, des changements sont survenus à la direction de plusieurs Fédérations membres de l’ISSF et que de nouveaux collègues sont apparus. Je pense donc que les informations suivantes seront très intéressantes pour tout le monde. 

 

Concernant le contenu, l’implication de M. Rossi est que l’ISSF a besoin de mises à jour fondamentales.

 

Permettez-moi de faire une brève excursion dans l’histoire et de rappeler l’activité de chacun des candidats dans notre sport. D’autant plus que j’ai été un participant ou un témoin direct de nombreux événements décrits ci-dessous, sur la base de mes activités au sein de la famille internationale du tir sportif pendant plus d’une décennie.

 

Vladimir Lisin

 

En 2009, il a été élu président de la Confédération européenne de tir (CES) pour la première fois, battant M. Rossi avec un avantage significatif ! Après cela, il a été réélu à ce poste à deux reprises, en 2013 et 2017. 

 

De 2014 à 2018, Vladimir Lisin a été vice-président de l’ISSF. Le 30 novembre 2018, il a été élu président de l’ISSF, et à nouveau le même candidat Luciano Rossi se présentait contre lui et a perdu l’élection.

 

Vladimir Lisin est bien connu au sein du CIO et du Mouvement olympique. De 2007 à 2014, il a fait partie de la Commission du CIO sur la culture et l’éducation olympique. Depuis 2015, il est membre de la commission du marketing du CIO. En 2022, il est devenu membre de la commission des revenus et des partenariats commerciaux du CIO.

 

Durant son mandat de président de l’ESC et depuis 2018 de président de l’ISSF, il a notamment été responsable des développements importants pour notre communauté suivants:

 

•  Auteur du concept du Théâtre de tir, c’est-à-dire de la conception et de la préparation des salles finales et des champs de tir. Ce concept a été mis en pratique pour la première fois lors des Championnats d’Europe de 10m de 2011 à Brescia. Il est aujourd’hui la norme pour les Finales des compétitions de l’ISSF.

•  Création et inclusion d’épreuves par équipes mixtes dans le programme officiel des compétitions de l’ESC, à la fois dans les disciplines carabine/pistolet et fusil, permettant à l’ISSF de conserver 15 épreuves dans le programme olympique après les Jeux de 2016 à Rio et garantissant ainsi le montant de la part de revenus de l’ISSF pour l’avenir.

•  Soutien aux organisateurs des Championnats d’Europe et de l’ISSF,

•  Développement de la Ligue de la jeunesse européenne 

•  Promotion de la diffusion télévisée des événements de tir (par exemple, diffusion des compétitions de tir sur Eurosport, formation des équipes de télévision nationales, parrainage de l’accès technique des partenaires au satellite de l’Union européenne de radiodiffusion).

•  Initiateur des Jeux européens, 

•  Mise en application du principe d’égalité des sexes.

•  Organisation et parrainage de tournois finaux pour les athlètes avec des prix provenant de ses moyens personnels.

 

Et le plus important pour l’avenir de notre fédération: Sous la direction du président Lisin, l’avenir olympique du tir sportif a été garanti pour de nombreuses années à venir. Une relation de travail de confiance a été établie avec le CIO. L’ISSF s’est ouvert à toutes les Fédérations membres. Pas un seul message, pas une seule demande ne reste sans réponse, mais est soigneusement étudié. Vous pouvez rencontrer et dialoguer avec le président pendant les compétitions. Notre sport a dépassé les stands de tir et est devenu visible pour un large public. Les retransmissions des finales ont commencé à répondre aux exigences du téléspectateur moderne. Une nouvelle Constitution a été adoptée qui renforce considérablement le rôle des Confédérations continentales. Les qualifications pour les Jeux olympiques de Paris ont commencé.

 

Une grande attention a été accordée au développement. Le président, comme promis, a créé un fonds de plusieurs millions de dollars à partir de ses propres fonds. 93 fédérations nationales de tous les continents, dont 42 européennes, ont compté parmi les bénéficiaires des programmes du Fonds. 

 

Je suis convaincu que le Fonds de développement sera maintenu au cours des quatre prochaines années.

 

 

Luciano Rossi

 

M. Rossi est devenu vice-président de l’ISSF en 1998 et est resté à ce poste jusqu’en 2018. Cela signifie qu’il a occupé le poste de vice-président de l’ISSF pendant 20 ans.

 

Dans les procès-verbaux des réunions du Comité exécutif pendant ces 20 ans, il n’est fait mention d’aucune idée ou innovation présentée par lui, d’aucune proposition d’optimisation du programme des compétitions ou de modification des événements. Il n’a pas prononcé un seul mot concernant la transparence de l’administration ou de la politique financière. Il n’a pas introduit personnellement un seul parrain de l’ISSF. Alors, évidement, il n’était pas nécessaire de parler de « temps de changement » !

 

Cependant, en 2016, Luciano Rossi a demandé à Olegario Vazquez Rana de le proclamer comme successeur au poste de président de l’ISSF. Devant le refus du président de l’ISSF de l’époque, il a immédiatement lancé une attaque contre les dirigeants antérieurs de l’ISSF. Il a commencé à envoyer des lettres aux fédérations membres, accusant les dirigeants de changer les priorités dans le développement du tir sportif et de vouloir remplacer le tir à l’arme à feu par le tir au laser. Puis, en 2017, il a lancé un appel à la tenue d’une Assemblée générale extraordinaire (AGE) pour contester la décision du Comité exécutif de l’ISSF concernant le programme de tir sportif proposé par le CIO pour les Jeux olympiques de Tokyo 2020. 

 

Ce fut une perte de temps et d’argent. À la date de cette AGE, la commission exécutive du CIO avait déjà approuvé les propositions de l’ISSF concernant le programme pour Tokyo 2020. Les rapports financiers montrent que l’ISSF a dépensé environ 500,000 d’euros pour la préparation et la tenue de l’AGE afin de satisfaire les ambitions de M. Rossi. Ce montant ne comprend pas les dépenses des fédérations membres.

 

Les enquêtes du comité d’éthique de l’ISSF ont révélé que M. Rossi se trouvait dans une situation de conflit d’intérêts lorsqu’il s’est opposé aux chances du programme des épreuves de tir de l’ISSF aux Jeux olympiques. En fait, dans la procédure d’appel initiée par M. Rossi, le TAS a confirmé que M. Rossi avait des intérêts commerciaux propres dans le maintien des épreuves de double trap hommes qu’il a omis de divulguer formellement et spécifiquement aux membres de l’ISSF malgré l’obligation respective de le faire, en particulier pour les besoins de l’AGE en 2017. En conséquence, le TAS l’a entre autres suspendu de sa fonction de vice-président de l’ISSF pendant plusieurs mois et lui a infligé une amende d’un montant de 50 000 euros. Les dépenses de l’ISSF pour le comité d’éthique se sont élevées à plus de 300 000 euros. 

 

Peu avant les élections 2018 de l’ISSF, il a évoqué une histoire concernant une menace personnelle pour la sécurité de sa famille en lien avec l’Assemblée générale de l’ISSF, à Munich, et a exigé de l’ISSF elle-même qu’elle organise une escorte policière pendant son séjour à Munich. Les enquêtes n’ont rien donné, bien entendu.

 

Ayant perdu les élections 2018 de l’ISSF au profit du Président Lisin, Luciano Rossi a également perdu tout intérêt à participer aux activités de l’ISSF. On lui a notamment proposé de diriger un groupe de travail sur la modification du Double-Trap, mais il a refusé, prétextant être occupé. 

 

 

Pendant ce temps, il a fait appel au TAS pour contester le résultat des élections présidentielles de l’ISSF. Après cinq mois de procédure, et peu après la réception de la réponse détaillée de l’ISSF concernant ses allégations, M. Rossi a retiré son appel. Le TAS lui a ordonné de couvrir les coûts de la procédure et les frais de justice de l’ISSF. 

 

Cette comparaison entre le Président Lisin et M. Rossi devrait déjà donner aux Fédérations membres de l’ISSF une image complète de ce qu’elles peuvent attendre de chacun d’eux en ce qui concerne la promotion et le développement du tir sportif et de l’ISSF.

 

Cependant, il faut noter avec dégoût que M. Rossi a décidé d’instrumentaliser politiquement les événements dramatiques et tragiques en Ukraine pour son bénéfice personnel en répandant de fausses allégations et en ignorant à la fois la manière exemplaire dont l’ISSF a mis en œuvre les recommandations du CIO et la position anti-guerre bien connue du président Lisin. Cela ne peut rester sans réponse. 

 

C’est sous la direction du président Lisin que le comité exécutif de l’ISSF a décidé de soutenir pleinement les recommandations du CIO et d’exclure les athlètes et officiels russes et biélorusses de toute compétition de l’ISSF.

 

C’est sous la direction du président Lisin que l’ISSF a exprimé son soutien total au peuple ukrainien ainsi qu’aux athlètes et à la communauté du tir sportif en Ukraine et a transféré près d’un million d’euros à la communauté des tireurs ukrainiens par le biais du fonds de développement de l’ISSF.

 

C’est le président Lisin qui a publiquement exhorté le gouvernement russe et d’autres dirigeants à trouver très rapidement une solution pacifique et diplomatique, et il est encore obligé de préciser, face à des allégations calomnieuses et non prouvées comme celles de M. Rossi, que sa société NLMK ne travaille ni pour ni avec le complexe militaro-industriel russe et se concentre uniquement sur les produits à usage civil général.

 

C’est le président du CIO, Thomas Bach, qui a affirmé très clairement à plusieurs reprises ce qui suit:

 

«Il n’y a pas de justice si on met tout le monde dans le même sac. Ce serait même contre-productif car cela ferait le jeu de la propagande de ceux qui prétendent que les sanctions ne sont qu’une partie d’une conspiration plus large dirigée contre leur pays. D’ailleurs, notre approche est conforme à celle des gouvernements qui sont également liés par cette règle de droit lorsqu’il s’agit de leurs mesures de sanction. Ils ne peuvent pas non plus sanctionner des individus uniquement en raison du passeport qu’ils détiennent».

 

Ces déclarations soulignent l’évidence: le Mouvement olympique ne doit pas discriminer des personnes uniquement en raison de leur nationalité, à cause d’une guerre initiée par un gouvernement. Il est évident que le CIO n’a jamais demandé au président Lisin de « se retirer » en tant que membre de la commission de marketing du CIO ou de la commission des revenus et des partenariats commerciaux du CIO, et encore moins en tant que président de l’ISSF.

 

M. Rossi, cependant, a choisi de discréditer un candidat sur la base de sa nationalité tout en se rabaissant à des calomnies fabriquées de toutes pièces. C’est M. Rossi qui place imprudemment ses ambitions personnelles au-dessus des valeurs les plus importantes de la communauté internationale de tir, inscrites dans les statuts de l’ISSF et dans la Charte olympique. 

 

Les prochaines élections sont la dernière chance pour Luciano Rossi de se faire remarquer. Après 2024, il ne sera même plus président de la FITAV. Il va finalement quitter la scène pour de bon.

 

Veuillez agréer, chers collègues, l’expression de mes sincères salutations,

 

 

 

Alexander Ratner





Source link

Pin It on Pinterest